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D’abord baryton (il a chanté Amfortas), Lauritz Melchior est Le Ténor de Wagner, parfait dans tous les rôles wagnériens Il a chanté dans des choeurs d'enfant et a débuté à Copenhague comme baryton en 1913. Il aide en répétition une contralto américaine, Madame Charles Cahier, en lui prêtant la réplique dans les airs du Conte di la Luna de l'acte IV du Trouvère et il l'étonne par son aigu puissant ; à sa suggestion il reprend de 1917 à 1918 des études de chant en tant que ténor sous la férule du ténor Vilhelm Herold (1865-1937) et fait ses débuts de ténor en chantant Tannhäuser en 1918. Il fait des débuts internationaux triomphaux en 1924 à Covent Garden, il chante à Bayreuth de 1924 à 1931. Il est ensuite un habitué du MET, et termine sa carrière aux USA en chantant dans des films (on peut voir un extrait d'un de ses films dans le DVD The Art of Singing, référence Warner, 0630-15898-2) et en donnant des tournées dans des music-halls ! Comme
plus tard Jon Vickers Vivi, Lauritz Melchior a chanté Verdi
en Otello et Radamès, Canio de I Pagliacci et Samson
de Samson
et Dalila. C'est le meilleur Siegmund au disque (meilleur
que Jon Vickers Vivi = voui, mais ça n’empêche
pas que Vivi Vickers reste mon préféré), son
enregistrement du premier acte de la Walkyrie avec Lotte Lehman
sous la direction de Bruno Walter est le morceau d'anthologie de
toute cédéthèque
wagnérienne,
il est reparu récemment (11.03) couplé avec l'acte
II sous la direction
de Bruno Seidler-Winkler
(avec les débuts de Hans Hotter en Wotan, référence
Naxos 8.110250-51 2 CD), un Parsifal peut-être
pas à
la hauteur de son Siegmund (trop héroïque) mais quand
même supérieur à 99 % de ses rivaux, et si
l’on
en croit Pierre Flinois, et l’on aurait tort de ne pas
le croire, supérieur à 150 % : « en 1939,
avec Malko un tempo plus retenu permet […] une véritable
introspection, et de loin, la meilleure de toutes les versions
existantes. Car, absolue par le legato, le timbre et la retenue,
cette fois positive par son apport, la ligne de chant atteint à un éclat
dans la douceur, à une vigueur dans la délicatesse
qu’on
cherchera en vain avant et après ». S’il
n’a
pas, malgré la belle formule de Jean-Vincent Richard (Autrement),
été que « le chevalier d’un seul Graal
: Wagner », puisqu’il chanta, et comment, Otello,
il reste quand même dans nos cœurs et nos CD le Heldentenor
de référence.
Chillan
31 août 1914
Ramon (bel) Otello Question de Richard Osborne - Vous avez enregistré Tristan et Isolde avec lui [Jon Vickers], mais vous avez aussi dirigé Ramon Vinay, l'Othello de Toscanini, à Bayreuth, après la guerre. Réponse de Karajan - Oui, mais Vickers était bien meilleur.
Düsseldorf
10 (?) mai 1901 Salzbourg 11 janvier 1975
Ténor allemand Il a chanté à Bayreuth de 1932 à 1939 et en 1952 ! Notamment Walther von des Vogelweide de Tannhäuser (son premier rôle en 1927 à Dresde), Tristan ou Siegfried. Il était doté d’un aigu exceptionnel et intense et fut également un Otello de première classe (la classe exceptionnelle étant réservée à qui ? mais à Vivi Jon Vickers himself !).
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Wolfgang WINDGASSEN Annemasse
26 juin 1914 Stuttgart 8 septembre 74 Fils
de ténor, il débuta à 27 ans en Alvaro.
Ce fut le Parsifal de la reprise de Bayreuth en 1951, nous disposons
du disque du Kna-Bayretuth-51 pour juger d’un talent certain,
peut-être un peu frêle pour le rôle à cet âge
(31 ans contre les 38 de Vivi le Vickers dans le même rôle
au même endroit avec le même chef mais pas la même
voix ni la même présence). Sa voix est distinguée,
sa diction et son accent (allemand, et pour cause) excellents,
ce qui pour l‘accent n’est pas évident pour
tous (…) . Certains le considèrent comme le plus
grand ténor wagnérien de l’après-guerre,
ce qui peut s’expliquer par sa bien plus grande participation à Bayreuth
(de 1951 à 1970 !) que Vivi Vickers (rappelons-le, 2 rôles
seulement en 2 années, Siegmund en 1958 et Parsifal en
1964). Un grand Walter, un Parsifal que je juge inférieur à Vivi,
mais que d’émotions ! « Si Wagner a trouvé un
jour un poète pour chanter ses poèmes, c’est
celui-là ».
Autres ténors
Vasteras
2 septembre 1904 Stockholm (près de) 4 octobre 1964
Ténor suédois Après six années comme baryton (encore un !), il reprit des études pour chanter en ténor (Radamés en 1936), son répertoire présente des analogies avec celui de Jon le Vivi Vickers : Radamés, Siegmund, Otello, Tristan, Peter Grimes ! Il a chanté à Bayreuth en 1942, au Met de 1946 à 1956 et était réputé comme le meilleur des Tristan et Siegfried de l’immédiat après-guerre.
Dodge City 1925 Encore un ténor qui commença comme baryton, mais après des études instrumentales (piano et violon). Il chante comme ténor à l’âge de 32 ans et commence à Bayreuth à 40 ans comme Siegfried. C’est un Heldentenor délicat, ce qui n’est ni un compliment ni vraiment une critique.
Il chanta aussi bien Tamino de la Flûte que Florestan de Fidelio
ou Parsifal. Il fut membre de la troupe du Staatsoper de Berlin de
1924 à 1945 et interpréta Parsifal à Bayreuth
en 1934, 35 et 36. Il est réputé pour son timbre exquis
et expressif et fut considéré en son temps comme le
meilleur ténor lyrico-dramatique.
Ce ténor d’envergure est tout naturellement destiné
à succéder à Vivi Vickers comme ténor
wagnérien. Il a déjà repris avec succès
ses rôles d’Énée et de Peter Grimes. Je
l’ai entendu à Bastille en concert (et aussi en Peter
Grimes, excellent) chanter un Siegfried très prometteur.
Il a chanté et chante encore Parsifal, je l’ai entendu
à Bastille en 2001 sous la direction mollasse de James Conlon,
évidemment la silhouette et la voix du sexagénaire n’évoquaient
pas vraiment le « reine Tor » mais la musicalité
de l’ibère était tout à fait convaincante
dans le dernier acte, un peu insuffisante dans les 2 premiers pour
provoquer une entière adhésion. Il fut pourtant plus
applaudi que Thomas Hampson ou Tom Krause, Amfortas et Titurel très
honorables (de lapin), j’avoue que j’ai participé
à ces applaudissements, comme tous j’espère, pour
l’ensemble de son œuvre plus que pour sa prestation du
jour.
Il parle fort intelligemment (ce qui n’est pas une surprise) du rôle et de ses difficultés dans son livre Mes rôles d’opéra Bernard Grasset Ed. Paris, 2001 : « on doit chanter ce rôle avec une voix juvénile, du moins au début » (comme quoi identifier une difficulté n’est pas forcément la résoudre) « Mais Parsifal, bien qu’il ne soit pas très ardu du point de vue vocal, demeure difficile sur le plan musical, surtout en raison de l’immense concentration qu’il requiert. »
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